«[...] entenda quem lê!», Mc 13,14
«[...] Le concept d’hospitalité linguistique – qui devient le modèle de toutes sortes d’hospitalité – souligne la valeur éthique du paradigme de la traduction aux fins d’un nouvel universalisme respectueux des différences. En effet, de la même manière que le langage, pris comme phénomène universel, n’existe que dans la pluralité des langues, de même l’humanité n’existe que dans la pluralité des cultures. “La pluralité des langues, écrit Ricœur, redouble en quelque sorte l’universalité du langage. Entre le langage et les langues, le rapport est tout à fait original. [...] La pluralité n’est pas seulement linguistique, mais précisément culturelle. L’humanité, comme le langage, n’existe qu’au pluriel. [...] La pluralité, et donc la discorde, semble bien représenter une donnée indépassable [de la condition humaine]. Elle s’avère ainsi être inhérente à la problématique de l’universalité. L’universalisme pour lequel nous militons ne peut être que coextensif à une pluralité plus ou moins bien maîtrisée.” [...]
Parler et penser, signifient toujours également traduire, au sens large du terme. Il en est ainsi lorsque nous parlons avec nous-mêmes et découvrons les traces – dont nous ne pouvons faire abstraction – des autres en nous-mêmes. Notre recherche d’identité – en tant que communautés historiques et personnes – passe alors par un travail énorme et jamais définitif de traduction et de traductions, de traductions de toutes sortes, qui coïncide avec l’histoire de nos vies, avec le réseau infini de nos actes et passions, avec le travail du deuil et de la mémoire que la traduction exige, avec ses défis toujours renouvelés, mais aussi avec les moments de bonheur qu’elle a le pouvoir de nous accorder dans les haltes sur notre route, lorsque nous accueillons l’hôte chez nous. [...]»
Domenico Jervolino, Communisme de la finitude, éthique de la libération, paradigme de la traduction
Imagem: Ana Vidigal, Strange Love


